INTERDICTION DE FILMER LA POLICE, VIOLENCE CIVIQUE ?

 

La nouvelle tombe ce mardi matin 3 octobre sur Instagram. Le compte @desobeissance_ecolo_paris publie « interdiction de filmer et prendre en photo les flics – la proposition de loi est discutée cette semaine ». Les débats à l’Assemblée nationale devraient commencer dès le 17 novembre.

Voici une proposition de loi pour « la sécurité globale » portée par la République en Marche et Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur.

Cette loi veut mettre fin à la diffusion d’images concernant les policiers en fonction et, par conséquent, empêcher la possibilité de dénoncer les violences policières. La sanction pour ceux qui ont filmé – journalistes compris – une peine d’un an de prison et 45 000 euros d’amende si le contenu des photos et vidéos concernées sont considérées « malveillantes » devant un tribunal. En revanche les drones et les caméras personnelles des fonctionnaires filmeront toujours lorsque les foules sortiront sur les pavés.

Une atteinte à notre droit civique  

Même si ces diffusions, qui ont explosé lors des manifestations des gilets jaunes, peuvent être utilisées de manière abusive, il reste légitime de penser qu’il s’agit d’une atteinte à notre droit civique. Que ces images restent essentielles pour témoigner d’éventuelles bavures.

Certes, il ne faut pas oublier que les agents de police sont parfois très – trop ? – sollicités : conditions de travail difficiles, salaires parfois trop peu valorisés, heures sans compter et cette pression permanente qui pèse sur eux.

Cependant, les violences de ces derniers mois ont entraîné une défiance palpable, qui devrait sous doute s’accentuer avec ce projet de loi. Ils étaient pourtant acclamés comme des héros lors des événements tragiques de Charlie Hebdo ou d’un sombre 13 novembre !

Que s’est-il passé ?

Concernant cette loi, il s’agirait, pour certains, d’une « bonne idée ». Grégoire Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO a déclaré « l’idée est de protéger ceux qui protègent ».

Pour un grand nombre de parlementaires – sans compter une opinion publique debout sur les freins si l’on en croit les médias -, cette « bonne idée » ressemble plutôt à « un vrai recul démocratique » comme l’a si justement affirmé Ugo Bernalicis, député de la France insoumise. Dans un pays comme la France en 2020, au sein duquel la liberté d’expression est au centre des préoccupations, cette interdiction raisonne plutôt comme un paradoxe.

 

Paul Barrière.

Crédit photo : Médiapart – Ricardo Parreira _ 30 Juillet 2020

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