IRELLE KOUAKOU, L’HEUREUX VISAGE

 Il y a un an aujourd’hui un nouvel espace de Coworking, Le Reuz, s’implantait à Vannes. Ce lieu, remarqué grâce à sa philosophie basée sur l’entraide, le partage et la proximité met en place de nombreux évènements. Irelle Kouakou, la fondatrice, revient sur la création de Le Reuz.

Vous êtres la co-fondatrice de le « Reuz Coworking ». Pouvez-vous revenir sur votre parcours et sur la création de cet espace ?

J’ai 28 ans et suis arrivée à Vannes il y a trois ans. Originaire de la Côte d’Ivoire et du Canada, je suis multiculturelle.

Au départ, Le Reuz ne devait pas être l’espace de coworking comme on le connait aujourd’hui mais un lieu plus petit qui aurait permis d’accueillir les métiers du textile et de la mode.Il y aurait eu des stylistes ou des modélistes par exemple. C’était mon premier projet. Je voulais lancer une gamme de vêtements équitables avec des tissus fabriquéspar des tisserands de l’Afrique de l’Ouest et cousus en Côte d’Ivoire qui est mon pays natal.

Mais par manque de moyens, d’expérience, ce fut plus compliqué que prévu. Il faut savoir que les métiers de la mode sont compliqués et très contingentés, il faut avoir beaucoup d’expérience, de talent. Moi j’étais seulement autodidacte. Pour autant, j’avais réussi à réunir quelques collaboratrices.

Et vous avez changé de projet ?

 On voulait travailler ensemble ! Ce fut le point de départ. Je me suis alors mise à la recherche d’un espace et je me suis vite rendu compte, après une étude de marché, que d’autres personnes étaient également à la recherche de ce type de lieu. J’aiété surprise qu’une ville comme Vannes qui se développe n’ait pas d’espace de coworking alors qu’il y en a un à Lorient. Nous nous sommes donc lancées.

Après recherche, une seule personne nous arépondu, le propriétaire voulait dynamiserce quartier de la gare et il nous a fait confiance. Il regrettait le fait que tout le monde mise sur le centre-ville. Notre parcours lui plaisait, particulièrement le fait que moi et mon conjoint ayons vécu dans pas mal de pays bien différents.

Ce quartier c’est la première image que nous avons de la ville lorsqu’on arrive à la gare, nous avions donc à cœur aussi de le faire vivre.

Et comment faîtes-vous pour dynamiser ce quartier justement ?

Tout d’abord on a totalement remis à neuf le bâtiment. Lug, mon compagnon qui est  artisan menuisier, s’est chargé de sublimer le lieu. Cela se fait ensuite à travers les nombreux évènements que nous organisons. Il y en a de toutes sortes, des conférences, des repas ou des ateliers. Ce lieu permet aussi d’accueillir des évènements extérieurs. On retrouve souvent des vernissages d’artistes, des concerts ou même des cours de yoga. Cela fait venir du monde à Le Reuz et les vannetais redécouvrentce quartier par la même occasion.

Comment perceviez-vous l’univers culturel vannetais à votre arrivée ?

Pour être honnête je ne lepercevais pas, je ne voyais pas d’évènements autour de moi ou lorsqu’il y en avait les gens se plaignaient. Il y avait toujours un problème que cela soit les horaires, le bruit ou le lieu. Donc si je n’avais pas eu Le Reuz je ne sais si je serais restée à Vannes.

Depuis, avez-vous perçu une évolution ?  

Oui pleinement, je pense que cela vient des vannetais directement. Certains ne comprennent pas pourquoi leurs amis partent travailler, étudier, faire la fête à Rennes ou Nantes. Désormais ces personnes-là font en sorte que leur ville bouge. Vannes à un énorme potentiel.

 Pensez-vous participer au développement culturel de la ville de Vannes ?

Je ne sais pas si c’est à moi de répondre à cette question, c’est facile pour chacun de dire qu’on participe à ce développement mais fait-on réellement tous en sorte que la culture avance ? Nous organisons de plus en plus d’évènements quecela soit des after-work, des before-work ou même des petits déjeuners. Il y a ici de plus en plus d’évènements socio-culturels plutôt que professionnels. Nous nous disons que travailler oui c’est essentiel mais se détendre, rencontrer des personnes de qualité c’est aussi ça qui permet aux esprits d’être créatifs. Aujourd’hui,je suis contente que Le Reuz soit un point de rencontre qui permette de créer des projets et de favoriser les rencontres.

Quelles sont vos projets pour 2019 ?

Nous essayons de créer de plus en plus d’évènements dans ce sens mais il ne faut pas oublier aussi que nous sommes dans un lieu de travail, il y a des entreprises qui sont implantées ici. C’est pour cela que nous allons organiser de nombreuses rencontres culturelles  en dehors de Le Reuz, avec un groupe d’amies, à travers une autre association, les « Vananas » (Nanas de Vannes). Il y a également le lancement de notre web série « Le Reuz Connect To » où nous irons à la rencontre des acteurs locaux afin de leur donner la parole.  Nous allons aussi refaire un vide-dressing sachant que le premier a cartonné et nous souhaitons continuer évoluer en tant que Le Reuz mais aussi à travers tous nos amis qui eux aussi lancent leur entreprise ou des projets.

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